Blocus de Taiwan: la Chine s’exerce

L’armée chinoise a mobilisé mardi des forces terrestres, navales et aériennes autour de Taïwan, pour des manoeuvres militaires de grande ampleur simulant un blocus de l’île dont Pékin revendique la souveraineté.
Les forces armées chinoises « se rapprochent de l’île de Taïwan à partir de multiples directions », a déclaré mardi matin Shi Yi, porte-parole du commandement du théâtre oriental de l’armée chinoise, décrivant les manoeuvres comme « légitimes et nécessaires pour sauvegarder la souveraineté et l’unité nationale de la Chine ».
« Ces exercices sont principalement axés sur les patrouilles de préparation au combat mer-air, l’acquisition conjointe d’une supériorité globale, l’assaut de cibles maritimes et terrestres et le blocus de zones clefs et de voies maritimes », a détaillé le porte-parole.
En réponse, Taipei a dit avoir dépêché ses propres avions et navires, et déployé des systèmes de missiles.
« Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute action susceptible d’aggraver les tensions », a affirmé une porte-parole de la diplomatie européenne, Anitta Hipper.
De son côté, le chef de l’armée philippine a affirmé mardi que son pays serait « inévitablement » impliqué en cas d’invasion de Taïwan.
Le Parti communiste chinois n’a jamais gouverné Taïwan mais revendique l’archipel comme partie intégrante de son territoire et n’exclut pas l’usage de la force pour en prendre le contrôle.
La Chine a déployé 71 aéronefs, quatre navires de garde-côtes et 21 navires de guerre chinois autour de Taïwan, dont un porte-avions, le Shandong, selon le ministère taïwanais de la Défense. Pour ce qui est des navires de guerre, il s’agit d’un nombre record depuis mai 2024, selon un comptage de l’AFP à partir de données officielles.
Ces nouvelles manoeuvres sont destinées à faire passer un message d' »avertissement ferme et de dissuasion énergique » aux présumés séparatistes de l’île, ont affirmé les forces armées chinoises. Mais aussi à s’entraîner à des « frappes de précision multidirectionnelles » autour de l’île, selon un communiqué du commandement chinois qui supervise les opérations dans le détroit de Taïwan.
Les tensions remontent à 1949, lorsque le parti nationaliste chinois s’est réfugié à Taïwan après sa défaite face à l’armée communiste.
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