Collectif n°1: 18 milliards Fcfp d’excédents budgétaires en 2024 pour faire quoi ?

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Reprise des travaux législatifs ce mercredi matin à Tarahoi avec l’examen du collectif budgétaire n°1 proposé par le gouvernement.

Lors de son intervention publique en séance, la représentante du groupe Tapura huiraatira, Tepuaraurii Teriitahi (photo, crédit: TNTV), a fait part de nombreuses critiques, comme par exemple celle qui consiste à réduire la dette du Pays. Sans aucun effet ni retombées pratiques sur la vie de nos concitoyens.

Et de déclarer: « Vous nous proposez un réaménagement des deux dernières tranches du PGE 2 pour 9 milliards de Fcfp, en opérant un remboursement en 9 ans au lieu de 22 ans. Un réaménagement anticipé qui se fait sans pénalité, certes, mais sans réduction du taux d’intérêt. Monsieur le Président, vous faites le choix délibéré – et disons-le, idéologique – de ponctionner 591 millions de francs supplémentaires chaque année, dans le seul but de raccourcir artificiellement la durée de remboursement du PGE. Et pour quel gain ? Une économie annuelle de 159 millions de Fcfp. Voilà la vérité.

Mais regardons les choses en face : cette soi-disant « économie », une goutte d’eau dans l’océan budgétaire, ne représente en réalité que 0,1% des recettes votées au budget primitif. 0,1%. Autrement dit, vous engagez une manœuvre budgétaire lourde, aux conséquences concrètes pour les finances publiques, pour un résultat statistiquement insignifiant. Alors, posons la vraie question : à qui profite ce choix ? Certainement pas aux contribuables, ni au Pays. Ce n’est ni une nécessité économique, ni une urgence budgétaire. C’est un geste politique — un symbole coûteux, comme la suppression de la TVA sociale qui coûte aujourd’hui au peuple. »

Pourquoi ne pas réduire les droits de douane ?

Parallèlement, l’élue de la minorité a mis l’accent sur la bonne santé économique du Pays. « Chaque année le Pays dégage un résultat important et c’est encore le cas pour 2024 avec 18.7 milliards de Fcfp. Donc pourquoi prendre ce type de mesure qui va encore plus réduire les marges de manœuvre de la collectivité, pourquoi dilapider des réserves pour rembourser par anticipation des dettes futures ? Il y a eu deux jours de colloque sur la vie chère. Ne serait-il pas plus judicieux de consacrer des crédits pour réduire les droits de douanes et les taxes sur l’alimentaire ? N’est-ce pas plus urgent ? »

Dans ce contexte, son collègue de A Here Ia Porinetia, Nuihau Laurey, a quant à lui plaidé pour que le Pays fasse un effort supplémentaire en faveur des agents de l’administration de catégorie D fortement impactés par l’inflation au cours des cinq dernières années. Un amendement de AHIP est d’ailleurs prévu à cet effet pour accroître la revalorisation des intéressés à hauteur de 60 millions supplémentaires. Sur un collectif de 29 milliards de Fcfp !

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