Epidémie de chikungunya à la Réunion: le pire reste à venir…

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L’épidémie de chikungunya continue sa progression fulgurante à La Réunion avec près de 6 000 nouveaux cas déclarés entre le 17 et le 23 mars, selon le dernier bulletin de l’Agence régionale de santé, une hausse de 40 % par rapport à la semaine précédente. Mais le pire reste à venir, a prévenu ce vendredi 4 avril le ministre des Outre-mer Manuel Valls, qui se rendra sur place samedi.

« Les semaines les plus délicates se profilent, le pic est attendu mi-avril », a-t-il déclaré au micro de franceinfo, assurant qu’« un énorme travail » est fait « pour lutter contre les effets du chikungunya ». Le ministre a annoncé que 40 000 doses de vaccin étaient arrivées sur l’île jeudi, à destination en priorité des personnes âgées ou fragiles.

Manuel Valls a précisé que l’épidémie « met sous tension tout le système de santé », alors que l’hôpital du sud notamment, dans la partie de l’île la plus touchée par l’épidémie, a émis un « appel à la population à éviter de se rendre aux urgences pour des situations non critiques ». Deux personnes, âgées de 86 et 96 ans, sont officiellement mortes du virus, transmis par le moustique tigre. L’ARS a également recensé 31 cas graves, dont la moitié chez des nourrissons.

Manuel Valls, qui se rendra à Mayotte après sa visite à la Réunion, a assuré sur franceinfo que sa venue marque l’« engagement » du gouvernement « sur ce dossier, qui inquiète évidemment les populations ». Reste à voir si ce geste suffira à apaiser la présidente de la région, Huguette Bello, qui juge la mobilisation de l’exécutif insuffisante et critique vertement la gestion de l’épidémie.

« Je me rappelle qu’en 2006, le gouvernement avait pris le problème à bras-le-corps », a-t-elle souligné ce vendredi sur la chaîne Réunion la 1ère « il y avait eu une grande réunion menée à la présidence de la République par Jacques Chirac lui-même » et « Villepin était venu à La Réunion, l’armée avait été mise à contribution ».

L’élue de gauche a aussi fustigé le recul des financements de l’État pour les contrats parcours emploi compétence (PEC), utilisés par les collectivités territoriales réunionnaises. Le 2 avril dernier, elle avait participé à une manifestation commune avec la droite et les syndicats pour interpeller le gouvernement, estimant selon Ouest France que les personnes employées en PEC sont essentielles pour permettre la lutte contre les moustiques et donc contre la diffusion du chikungunya.

S’il est important, l’impact de la maladie reste pour l’instant loin de celui de l’épidémie de 2005-2006, qui avait touché 260 000 personnes – plus d’un tiers de la population – et fait plus de 200 morts. La Haute autorité de santé a recommandé début mars de vacciner en priorité les personnes de plus de 65 ans, les adultes avec des comorbidités et les agents de lutte anti-moustique. Le seul vaccin disponible est le vaccin Ixchiq, du groupe pharmaceutique franco-autrichien Valneva, qui a reçu une autorisation de mise sur le marché européen en juin 2024.

Le HuffPost

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